Interview

« La Plateforme #EntreprisesUniesBZH est nécessaire…à la hauteur des besoins »

La directrice du Centre d’Innovation Technologique Biotech Santé Bretagne revient sur la création de la plateforme.

Anne-Claude Lefebvre dirige le Centre d’Innovation Technologique Biotech Santé Bretagne, fort de plus de 130 adhérents et d’une équipe de 16 personnes. Acteur référent dans le domaine de la santé et des biotechnologies (avec la récente intégration de CBB Capbiotek), et animateur de ces 2 filières stratégiques en Bretagne Biotech Santé Bretagne, a été mobilisé dès le début de la crise sanitaire provoquée par l’apparition du nouveau Coronavirus. Anne-Claude Lefebvre revient sur la création de la plateforme Entreprises Unies en Bretagne, à la demande de la Région Bretagne. Une réponse d’urgence pour mettre en relations les acteurs économiques : ceux avec des besoins, et notamment les acteurs du soin, et ceux qui peuvent y répondre.  

 

Pouvez-vous revenir sur ces dernières semaines et nous expliciter comment la plateforme Entreprises Unies en Bretagne s’est-elle créée ?

Si je remonte le fil des événements : en mars, quand la crise arrive, Biotech Santé Bretagne est mobilisée par la Région Bretagne, qui  en coordination avec  l’ARS Bretagne et la Préfecture souhaite soutenir les acteurs de santé. Les besoins en Equipement de Protection Individuelle (dits EPI), particulièrement en masques, remontent fortement. Il faut donc coordonner les demandes et la réponse à apporter. Bretagne Développement Innovation avait cette capacité logistique à mettre en place une plateforme. Et notre légitimité et notre connaissance du secteur médical et des entreprises santé, permettaient d’être efficaces. Les équipes se sont mises en place. La montée en puissance a été rapide et nécessaire, à la hauteur des besoins. Depuis son lancement, une dizaine de personnes entre mi-temps et temps plein sont impliquées, au sein de BDI et de Biotech Santé Bretagne et elles font un travail remarquable.

Comment avez-vous défini le rôle de la plateforme ?

Nous avons choisi de privilégier l’intermédiation. Il s’agit de bien qualifier les offres et les demandes afin d’y apporter les réponses les plus adéquates possibles. Il y a un gros travail en back-office de la plateforme. Nous mettons en lien directement les deux parties quand on peut le faire. Si ce n’est pas le cas, les offres et les demandes sont publiées sur la plateforme. Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, qui est visible finalement.

En plus des équipes de BSB et de Bretagne Développement Innovation, c’est un écosystème beaucoup plus large qui se mobilise.

La plateforme a été très complémentaire du rôle remarquable des organisations locales qui, avec les Fab Lab,  les entreprises et les professionnels de santé locaux ont co-construit des solutions. En parallèle, un travail énorme de coordination a été réalisé avec la DIRECCTE, la Préfecture, l’ARS Bretagne. Je pense aussi aux équipes de CBB Capbiotek avec qui nous avons fusionné et qui ont fait le lien avec le secteur des cosmétiques pour les gels hydroalcooliques par exemple.

Lire notre article sur ces entreprises qui se sont mises à fabriquer du gel hydroalcoolique

La gestion de crise semble passée mais le contexte sanitaire s’installe…

Effectivement, les besoins existent toujours. Leur nombre a plutôt tendance à croître. Disons que l’urgence évolue. Le grand élan de solidarité régionale avec de nombreux  dons d’EPI des entreprises et acteurs bretons vers les professionnels de santé et du médico-social a permis de contribuer à répondre à l’urgence. Maintenant, le rôle de la plateforme s’ancre. Des entreprises jouent leur rôle d’apporter des réponses à plus grande échelle, pour les besoins en EPI. On peut citer les exemples des professionnels du textile qui fabriquent des masques et blouses, la Française des plastiques des surblouses jetables, le rôle de SLS France pour coordonner la réponse aux besoins de pièces / valves pour les équipements de santé, et  l’industrie cosmétique qui produit du gel hydroalcoolique. Un dernier exemple avec la jeune entreprise quimpéroise 3D Services qui a lancé avec ses partenaires l’entité Breizh Safe  exclusivement dédiée à  la fabrication et commercialisation de masques de protection réalisés en injection.

Lire notre article sur la mobilisation des Fab Lab et acteurs de l’impression 3D

Vous vouliez évoquer « votre coup de cœur », une action locale, solidaire à l’image de beaucoup d’autres qui se sont mises en place en Bretagne…

Oui, tout à fait. J’ai trouvé remarquable  l’action mise en place par David Le Gall. Ce kinésithérapeute basé à Quimperlé a sollicité un réseau de couturières. Il fournit les professionnels de santé et surtout du médico-social, en blouses et surblouses. Il a été mis  en lien avec l’ARS. Cette dernière a acheté des rouleaux de matière permettant de faire des blouses. Nous avons soutenu son action à travers plusieurs mises en relation .. C’est aussi le rôle que peut jouer la plateforme.