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Mieux appréhender notre empreinte numérique

Une journée placée sous le signe du numérique.

La troisième et dernière journée de 360 Possibles, le 14 juin dernier, a été l’occasion d’interroger les pratiques du numérique, et d’en savoir plus sur la filière du numérique en Bretagne. Un Observatoire du numérique, porté par Bretagne Développement Innovation, a réalisé une étude qui apporte des éléments éclairants sur les entreprises du numérique sur le territoire breton.

En début de matinée, la scène Breizh Cop accueille une table ronde sur l’impact du numérique sur l’environnement, un sujet original dont on parle peu. De plus en plus, au quotidien, on interroge nos modes de consommation, on pense recyclage et développement durable…Mais quid de notre vie numérique ? Le débat est posé.

Savez-vous par exemple qu’une requête Google consomme autant que 20 heures de consommation d’une lampe halogène ? Face à ces immenses enjeux, Olivier Ridoux chercheur à l’Université de Rennes 1, préconise de « travailler sur la longévité de ses appareils numériques ». Un conseil que tout à chacun peut mettre en pratique. De petits gestes simples peuvent être rapidement mis en oeuvre : vider ses mails, garder le plus longtemps possible ses appareils, travailler sur la consommation d’énergie etc…

L’après-midi a été l’occasion de faire un focus sur la situation bretonne des entreprises du numérique. Yann Dieulangard de Bretagne Développement Innovation a coordonné une étude sur les entreprises du numérique en Bretagne.

Focus sur les entreprises numériques bretonnes

Sur un échantillon de 2471 entreprises identifiées dans la filière numérique bretonne, 1000 acteurs ont été interrogés, 409 ont répondu à l’étude. On entend par entreprises du numérique celles qui ont une activité de création, transport, stockage, analyse et restitution valorisée de la donnée digitale. Ces entreprises peuvent intervenir sur différents champs de compétences (Electronique / Photonique / Télécom / Informatique).

Quelques enseignements importants ressortent de cette étude.

  • Les multi compétences numériques : sur le territoire breton, les acteurs qui détiennent une double voire une triple compétence sont nombreux : informatique, réseau, électronique ou photonique. Cette présentation a permis de quantifier cette multi-compétence pour la première fois.
  • Des compétences qui s’expriment sur les axes d’innovation stratégiques de la Région : uniques ou multiples, l’enquête a montré que ces compétences s’illustraient bien dans les 7 domaines d’innovation stratégiques de la Région Bretagne.
  • Une nouvelle vision de l’innovation : Avec l’adoption du référentiel de l’innovation BPI / FING, qui prend en compte les dimensions technologiques et sociales, un nouveau paysage de l’innovation dans le numérique perçu par les entreprises a pu être dressé. On retient d’ailleurs que la filière bretonne s’accorde pour placer aux premiers plans l’innovation produit/service, marketing et modèle d’affaire.
  • La Breizh Cop : la majorité des répondants se disent sensibilisés et parfois engagés dans les multiples mutations et transformations – écologique, climatique, économique, sociétales – résumées dans la démarche Breizh Cop entreprise par la Région Bretagne.

« On a une image plus fine du secteur même si elle n’est pas exhaustive », constate Yann Dieulangard en charge de l’étude pour Bretagne Développement Innovation.

Expériences et témoignages

Pour clore l’après-midi et cette édition 2019 de 360 Possibles, Frédéric Lescure de Socomore et Melissa Canseliet de Faurecia s’installent auprès du feu et partagent leurs parcours de vie. Le premier raconte avec émotion le suicide d’une de ses employées de 32 ans.

« Il faut donner une grille de lecture dans le travail et accompagner certains salarié.e.s »

explique celui qui rappelle qu’on ne peut pas maîtriser l’heure d’arrivée d’un mail mais que l’on peut apprendre la culture de réception. « Le plus important dans une équipe c’est de la construire avant de la mettre en action ».

Un détour du côté des neurosciences

 

Melissa Canseliet, diplômée en neurosciences d’Oxford et HEC Paris, ancienne salariée d’Ubisoft, clot l’événement avec la conférence « Mon cerveau, ce héros ». Elle se présente en évoquant sa « quête de compréhension de l’humain » et sa passion des dauphins.

Ce qui l’intéresse ? Le parallèle entre les émotions et la mémoire. « Les émotions qui ont une traduction biologique modifient l’expérience », explique-t-elle.

Quand on transpose ses enseignements au monde de l’entreprise, elle prône pour la bienveillance dans les relations de travail. Diverses études scientifiques ont en effet montré que les violences même psychologiques atteignent l’intégrité physique d’une personne. Raison de plus pour instaurer la bienveillance dans l’entreprise et les relations de travail…comme ailleurs !