Interview

Didier Mahé : « l’effervescence pour les circuits courts est réelle »

Un annuaire à destination des professionnels.
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Les Chambres d’agriculture de Bretagne, avec l’appui de Bretagne Développement Innovation, ont cartographié les entreprises proposant des prestations, équipements et services à destination des agriculteurs bretons commercialisant leurs productions en circuits courts. Cet outil, réalisé avec la plateforme Craft, permet donc de rendre visible une offre qui existe sur le territoire. Dans cette interview, Didier Mahé, Responsable Equipe Circuits Courts – Agritourisme, aux Chambres d’Agriculture de Bretagne, détaille le contexte autour de ce travail mené étroitement par les équipes de BDI et des Chambres d’Agricultures de Bretagne.

Dans quel contexte s’inscrit cet annuaire des circuits courts ?

Les circuits courts ont clairement le vent en poupe. Le confinement a été un accélérateur de cette tendance. Mais elle existe depuis un moment tant du côté des consommateurs que du côté des professionnels.

Pour les premiers, acheter en circuit court a permis aux consommateurs d’éviter les endroits confinés, pour ceux qui le souhaitaient.

Quant aux professionnels, beaucoup se posent la question de centrer ou de recentrer une partie de leur activité en circuits courts :

  • Pour développer des liens directs avec les consommateurs
  • Pour sécuriser leur activité

 

La fin du confinement a-t-elle changé les choses ?

Depuis la fin du confinement, les sollicitations n’arrêtent pas sur ces sujets. L’effervescence et l’intérêt pour l’économie de l’alimentaire et du local ne se démentent pas. De nombreux exemples l’illustrent. La Région Bretagne a lancé à destination du grand public la plateforme Produits Locaux (produits-locaux.bzh).

Je peux aussi vous citer ce grand acteur national de la distribution qui se met à étudier un projet dans les circuits courts, des acteurs bancaires qui se positionnent sur ce thème et font évoluer leur offre de services.

Sans doute que tous ces projets n’aboutiront pas mais l’effervescence est réelle.

 

A quel(s) besoin(s) répond cet annuaire ?

Rappelons d’abord que cet annuaire s’adresse aux professionnels des circuits courts et ne concerne pas le grand public. Il détaille les prestations, équipements et services à destination des agriculteurs bretons commercialisant leurs productions en circuits courts.

Globalement, cet outil répond à deux besoins : professionnaliser les agriculteurs et rendre visibles les professionnels proposant des prestations pour les agriculteurs en circuit court.

On a une multitude de compétences qui existent en Bretagne qui va des gros acteurs à des indépendants qui proposent des prestations ciblées. Nous voulions rendre visibles tous ces professionnels. Les agriculteurs ont tout intérêt à se mettre en relation avec eux pour une raison simple. Même s’ils ne font pas affaire, rencontrer des professionnels permet d’affiner son projet, de se poser les bonnes questions.

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Quels sont les enjeux pour les professionnels ?

Pendant longtemps, on faisait appel à de l’auto-construction. Les règles d’hygiène sont désormais plus strictes et si on veut accueillir un salarié capable de faire de la transformation, le matériel et les conditions de travail doivent être adaptés, le fait de faire appel à un professionnels de l’aménagement de ces ateliers de transformation apport une garantie.

Par ailleurs, en matière de transformation des produits alimentaires les équipements sont assez coûteux. Se tromper dans les dimensionnements entraîne un mauvais départ. Si on a fait trop petit, cela va se traduire par une surcharge de travail. Si on a fait trop grand, on va avoir des investissements que l’on n’arrivera pas à rentabiliser.

L’enjeu majeur dans la structuration de cet écosystème c’est qu’il y ait davantage d’offres. Si la demande continue de se renforcer sur les circuits courts, il faudra renforcer et diversifier l’offre avec des produits de qualité.

A noter que les professionnels qui le souhaitent peuvent toujours s’y inscrire.