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[Retour sur] Visio-café #1 – Quels enseignements tirer d’un Vendée Globe atypique pour le design des Imoca ?

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Quel bilan technique pour le Vendée Globe ?

La neuvième édition du Vendée Globe est terminée et avec trois bateaux aux trois premières places, conçus, construits et équipés en partie par des entreprises installées sur le territoire, la Bretagne Sailing Valley® a de quoi se réjouir. Après 24 000 milles de course, l’heure est désormais au bilan technique afin de préparer la prochaine saison et de réfléchir aux évolutions technologiques des Imoca du Vendée Globe 2024.

Visio-Café #1 :« Quels enseignements tirer d’un Vendée Globe atypique pour le design des Imoca ? Architectes, routeur et coureurs débattent. »

Le premier des deux visio-cafés Bretagne Sailing Valley® proposé par Eurolarge Innovation le 14 avril pour dresser le bilan technique du Vendée Globe, s’est penché sur les enseignements d’un point de vue du design des Imoca.

Quatre intervenants y ont participé : Yannick Bestaven, vainqueur de la neuvième édition sur Maître CoQ, les architectes Quentin Lucet (cabinet VPLP) et Sam Manuard, ainsi que Christian Dumard, routeur et analyste météo officiel du Vendée Globe.

Ce dernier a commencé par évoquer la météo globale de ce Vendée Globe, « un peu bizarre pour le groupe de tête », dans le sens où « c’est toujours revenu par derrière, jamais parti par devant ». Au regard de la course virtuelle, dont les premiers ont terminé près de dix jours devant les bateaux réels, Christian Dumard estime cependant qu’à « un ou deux jours près, l’enchaînement aurait pu être complètement différent. » Et ajoute en revanche que « les conditions de mer ont peut-être été sous-évaluées. »

Ce que Yannick Bestaven confirme, expliquant que « c’est très dur de modéliser les conditions de mer croisée et ce que peut faire un bonhomme seul sur un bateau », lui qui met sa victoire sur le Vendée Globe sur le compte de la fiabilité de son bateau (de génération 2016), moins extrême que les derniers foilers. A propos des futurs Imoca le vainqueur avance sa piste de réflexion principale : « Pour moi, il faut vraiment travailler sur les différences de vitesses, on ne peut pas avoir un bateau qui va à 35 nœuds et s’arrête tout d’un coup à 15 nœuds, il vaut mieux avoir une moyenne plus performante. »

Une conviction que partage les architectes. Sam Manuard explique ainsi que, lors de la conception de L’Occitane (l’Imoca avec lequel Armel Tripon a couru le Vendée Globe), sa préoccupation a  toujours été de se demander « ce qui se passe lorsqu’il y a de la fatigue, du stress et que les conditions de mer se complexifient ». Quentin Lucet, chez VPLP, reconnaît que la capacité des nouveaux bateaux à naviguer dans des mers difficiles « n’a clairement pas été aussi performante qu’on pouvait l’imaginer. » Ce qui, selon lui, « amène beaucoup de questions sur la façon de dessiner les prochains » et la nécessité « de davantage tisser les liens avec les marins pour bien comprendre leur fonctionnement et leur rythme. »

A quoi ressembleront les Imoca de la génération 2024 ? « Une question sera de savoir si on essaie de se rapprocher un peu d’un multicoque, avec un bateau qui perce la vague, ou si on ajoute du volume devant, ce qui nous rapprocherait plus d’une géométrie type scow », répond Quentin Lucet, qui, au sein du cabinet VPLP, planche actuellement sur le futur Imoca de Boris Herrmann. Sam Manuard, choisi par Jérémie Beyou pour Charal 2, ajoute : « On va continuer à développer cette démarche consistant à chercher d’autres critères que la performance absolue, c’est une question de curseur à trouver. »

Pas de révolution à attendre pour autant selon Yannick Bestaven qui estime que si l’édition 2020 n’a pas été favorable aux bateaux équipés de grands foils, « aujourd’hui, si tu veux arriver en tête dans les mers du Sud, ce qui est très important pour la suite du Vendée Globe, ça ne peut se passer qu’avec les grands foils. »

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