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Breizh Cop : la Bretagne se positionne sur l’hydrogène vert

Un état des lieux des projets existants.

Avec l’expertise technique du groupement SEIYA Consulting, Alca-Torda Applications et Element Energy, la Région Bretagne, Bretagne Développement Innovation et l’ADEME ont étudié les potentiels bretons de production et d’usage de l’hydrogène à l’horizon 2050. Cette « étude stratégique et pré-opérationnelle de développement du potentiel de l’hydrogène renouvelable en Bretagne » a pour objectif d’aboutir à la création d’un plan breton hydrogène 2020.

L’hydrogène, une piste à suivre ? Dans le cadre de la Breizh Cop, qui engage la Région Bretagne dans les transitions écologique et énergétique, l’hydrogène vert apparaît comme un des vecteurs clés pour décarboner le secteur des transports notamment.

L’hydrogène possède cet avantage de pouvoir stocker les énergies renouvelables, un atout non négligeable quand on sait que la production de ce type d’énergie est prédictible. Cela explique sans doute l’engouement pour ce vecteur énergétique.

La Bretagne ne part pas de rien. Des projets hydrogènes existent déjà sur le territoire, tels que les projets de mobilité EffiH2 à Vannes ou H2X à Redon, homologués Smile. D’autres, une demi-douzaine, continuent d’émerger et sont pour certains accompagnés par BDI.

« Nous avons les cartes en main pour produire, transformer, stocker et distribuer de l’hydrogène, à partir d’énergies propres comme l’éolien. » André Crocq, conseiller régional délégué à la transition énergétique »

Chaîne de valeurs

L’état des lieux dressé par l’étude met en avant de nombreux enseignements.  « Quand on regarde la chaîne de valeurs bretonne, on se rend compte que toutes les briques technologiques nécessaires au développement de l’hydrogène existent sur le territoire, souligne Sabrina Pincet en charge de l’étude chez Bretagne Développement Innovation. »

Des acteurs bretons sont donc présents sur toutes les grandes briques technologiques (la production, le stockage, le transport, la distribution, la conversion de l’énergie, la maintenance et le recyclage, les applications et les services). Sur deux créneaux seulement, il n’y a pas d’acteurs identifiés : la fabrication de piles à combustibles et la fabrication de composants pour ces dernières.

Sur la typologie des acteurs, on note des profils variés : cela va des grands groupes aux PME en passant par les établissements de recherche et de formation et les collectivités locales.

L’intérêt des collectivités locales

Parmi les collectivités, ce sont essentiellement les communautés de communes (qui mettent en œuvre les Plans Climat Air Energie Territoriaux) qui s’intéressent de près au sujet.

Un enseignement qui a pu être retiré de l’étude : la mise en place d’écosystèmes locaux sur les territoires est un gage de réussite économique des projets. Comme le montrent les exemples pionniers de Redon, La Roche aux Fées, Vannes.

Quant aux secteurs matures pour investir la technologie, il s’agit principalement de celui des transports et de la mobilité, le transport maritime et portuaire apparaissent comme des axes de développement intéressant pour le territoire breton.

Les projets répertoriés permettront de nourrir une feuille de route bretonne, plan d’actions multi-partenariales entre acteurs publics et privés, qui sera lancée courant 2020 pour développer l’hydrogène renouvelable.

 

Quelques repères

145 acteurs cartographiés sur le territoire

8 établissements bretons font de la recherche et parfois même de la formation sur le sujet

H² : l’hydrogène dit vert ou renouvelable pourra être obtenu à partir d’énergies renouvelables type éolien ou photovoltaïque via électrolyse, ou par reformage du biogaz.