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Une étude dresse le bilan du reboot camp

Un exercice singulier apprécié par les entreprises.

Exercice singulier, le Reboot Camp a été co-créé avec les équipes de Bretagne Développement Innovation et l’agence Inofaber, dans le cadre de l’événement 360 Possibles qui aura lieu les 28 et 29 novembre à Rennes. Une étude réalisée par le pôle ingénierie de BDI permet de faire le bilan, quatre ans après la première édition. Plus de 20 entreprises s’y sont soumises depuis sa création. L’étude a permis de questionner les acteurs afin d’en tirer un bilan et d’envisager l’avenir.

Quel est l’objectif de cette étude sur le Reboot Camp ?

  • Au-delà de l’enthousiasme constaté de la part des participants il était nécessaire de mesurer les retombées réelles de l’exercice.

Effectuée à la demande des équipes du pôle Créativité & Design de BDI, cette étude vise à apporter un bilan de ce format. « Avec plus de 3 années de recul et plus de 20 entreprises « rebootées » (au moment de l’enquête), il était intéressant d’avoir le retour d’expérience des participants », souligne Emilie Faucheux de BDI qui a réalisé l’étude. Certains pouvant témoigner de l’impact de l’exercice trois ans après.

In fine, il s’agit également :

  • de penser des évolutions
  • d’envisager d’autres formats
  • d’améliorer la méthode.

Comment fonctionne un Reboot Camp ?

Un Reboot Camp vise à résoudre une problématique d’entreprise par la recherche de solutions innovantes, centrée sur l’utilisateur et utilisant l’intelligence collective.

Concrètement, il s’agit d’un atelier conduit par un animateur expérimenté pendant lequel un groupe de 8 à 10 personnes, validé par l’entreprise, va travailler sur la problématique soumise. Le processus de travail (environ 4 heures) repose sur des méthodes et des outils d’innovation, de créativité et de design thinking auxquelles sont formées les équipes.

Généralement les Reboot Camp ont lieu lors de 360 Possibles, l’événement « maison », organisé par Bretagne Développement Innovation et consacré à la conduite du changement dans les entreprises.

A qui s’adresse-t-il ?

© Céline Diais

Même s’il permet de couvrir un spectre très large d’entreprises et de problématiques, le Reboot Camp vise une entreprise qui souhaite reconsidérer complètement son offre de produits ou de services ou qui veut revoir sa façon de s’adresser à ses clients, actuels ou nouveaux. Il requiert de bien définir la problématique en amont et d’avoir collecté certaines données sur le nouveau segment de marché visé.

Parmi les critères (et la liste n’est pas exhaustive) :  une entreprise de préférence en BtoC (marché grand public et non professionnel), un sujet compréhensible par le public, une PME de moins de 250 salariés ou des entreprises emblématiques du tissu économique breton.

« L’une des clefs de la réussite, explique Claire Sourget, réside dans le choix et la définition de la bonne problématique mais aussi de la mobilisation du dirigeant et de ses équipes. Un reboot Camp ne donnera rien dans une entreprise qui n’a aucun souhait de changement. »

Pourquoi les entreprises acceptent de participer au Reboot Camp ?

Il est intéressant de noter que les entreprises qui ont bénéficié d’un reboot camp ont « tenté l’aventure » sans en comprendre forcément tous les ressorts. En faisant confiance aux acteurs, elles ont fait le pari de découvrir de nouveaux outils, de s’appuyer sur l’intelligence collective et en cas de réussite, de bénéficier de nouvelles pistes de solution …

En décidant de participer à un reboot camp, la plupart des dirigeants interrogés veulent confronter leur projet à des « regards extérieurs », notamment pour « s’enrichir des idées des autres » et souhaitent voir émerger des pistes de réflexion liées à leur problématique. Ils attendent des résultats concrets de cet exercice qui leur demande d’y investir du temps et une partie de leur équipe.

Qu’en retirent les entreprises ?

Le grand enseignement de l’étude c’est que la plupart des entreprises interrogées ont utilisé une ou plusieurs idées qui avaient émergé à l’issue du Reboot Camp.  

10 entreprises sur 13 ont exploité au moins une des idées :

  1. Felor a complètement revu son argumentaire commercial et fait évoluer son modèle commercial en vendant non plus au litre mais à la surface peinte (une petite révolution dans le monde de la peinture professionnelle)
  2. La biscuiterie Lanvin a renouvelé son réseau de distribution

Dans beaucoup de témoignages, les dirigeants ont relevé la qualité du groupe et la richesse d’y intégrer des profils différents, parfois éloignés du public visé par l’entreprise mais tous très investis dans l’exercice. « Les gens sont entrés dans le jeu, comme si c’était leur projet, s’ils en faisaient partie intégrante », souligne l’un des répondants.

Les nombreuses méthodes et outils proposés lors de l’atelier ont enthousiasmé les participants. Ils les découvraient pour la plupart et projetaient de les réutiliser afin de favoriser la créativité dans l’entreprise. L’enquête s’est aussi intéressée aux contributeurs des reboot (près de 90 d’entre eux ont répondu) : 74 % ont recommandé la méthodologie et 40 % l’ont réutilisé.

Quant à l’exploitation des résultats, la grande majorité des entreprises (plus des ¾) ont ré-exploité au moins une des idées ressorties du Reboot Camp. Les entreprises n’ayant pas ré-exploité les résultats ne l’ont pas fait par manque de temps ou bien parce que le projet a été abandonné.

Certaines ont même constaté des retombées économiques directes liées à la mise en place de ce qui émanait du Reboot Camp.

Ces résultats encourageants confortent les équipes de BDI dans le fait qu’il faille poursuivre l’exercice. « L’étude montre que le format est opérant, se réjouit Claire Sourget qui anime des sessions. La structure de base est trouvée et nous allons l’améliorer en fonction des différentes observations remontées par les acteurs des Reboot. »

 


Témoignage de Corentin Plusquellec, chef de projet R&D chez Silvadec, Fabricant de bois composite dans le Morbihan.

« Suite au reboot camp auquel notre entreprise a participé en 2016, nous avons lancé plusieurs projets. Certains n’ont pas abouti. Nous allons mettre l’un d’eux en avant l’année prochaine. Sans trop en dévoiler, je peux vous dire qu’il s’agit d’un objet de décoration de la terrasse. Pour nous, le reboot camp reste une très bonne expérience. Nous avons apprécié l’exercice qui nous a permis d’élargir nos pistes de recherches et de développement. Cela nous a apporté une méthode de réflexion différente de ce que nous faisions habituellement. A chaque nouveau développement, nous essayons de garder en tête les idées que l’on a pu avoir, grâce à cet exercice singulier qu’est le reboot camp. »