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Le robot qui va changer le quotidien des aviculteurs

Ti-one est un robot d’assistance aux aviculteurs qui vient de rentrer en phase de commercialisation. Il a été inventé par la société Tibot installée à Bourgbarré (35) et mis au point par le bureau d’études Cimtech. Bretagne Développement Innovation a permis l’identification d’une problématique filière et la mise en liens d’acteurs capables de solutions. Histoire d’un projet innovant qui répond à des problématiques de terrain.

Tout part d’une tâche longue et laborieuse, d’un travail nécessaire mais pénible pour les aviculteurs. Dans les élevages de reproduction, lors d’un nouvel arrivage de poules pondeuses, l’éleveur doit « éduquer » les bêtes pour qu’elles pondent dans des endroits spécifiques. Les règles sanitaires dites de « la dé-médicamentation » considèrent comme contaminés les œufs pondus au sol, et donc autant de pertes pour l’élevage.

Problématique filière, solutions innovantes

Il y a donc un enjeu économique pour l’éleveur à contraindre les volailles à pondre au bon endroit. Ce travail fastidieux nécessite de surveiller le lot.

Cela signifie passer jusqu‘à 8 heures par jour dans le poulailler pendant 5 semaines avec des œuf à ramasser (jusqu’à 300 au sol en pic de ponte). Plusieurs cas de burn out avaient été identifiés par les instances professionnelles.

Cette difficulté dépassait largement les quelques cas recensés. Elle était en fait une problématique de filière.

Concentré de technologies

Pour y remédier, il fallait allier compétences techniques et connaissances du terrain pour trouver des solutions innovantes. Vaste défi ! Il a été relevé par le partenariat entre un couple d’éleveurs Monsieur et Madame Savary installé en Mayenne et Cimtech, un bureau d’études mécatroniques de Bourgbarré (35).

De cette alliance est né un petit robot d’assistance à l’aviculteur nommé Ti-One. Ce concentré de technologies embarquées va déranger les poules pour les contraindre à se rendre là où elles doivent pondre.

Plusieurs technologies sont au cœur de Ti-One :

× les 4 roues motrices pour un déplacement optimal dans le poulailler et une maintenance simplifiée

× la géolocalisation indoor de précision

× le suivi de trajectoires pré-définies

× la possibilité de contourner des obstacles non prévus afin de ne pas écraser des bêtes ou de rester bloqué

× l’intégration de capteurs fiables

× une interface de paramétrage intuitive pour l’éleveur

L’action du robot Tibot agit sur 2 axes. Elle permet aux éleveurs de limiter ses passages dans le poulailler et lui dégage du temps pour des tâches plus intéressantes. Dans le même temps, elle améliore le bien-être animal.

Diminution de 23 % des pontes au sol

Le retour d’expériences montre des progrès significatifs. Le temps de présence dans le poulailler est passé de 8 heures à 3 heures par jour et la durée d’éducation de 5 semaines à 15 jours. D’après les premiers résultats, les pontes au sol ont diminué de 23 %.

Seulement un an s’est écoulé entre le prototype et la version finalisée. L’outil, fabriqué en France, a connu un réel engouement lors de sa présentation lors du Space 2016. Il avait d’ailleurs été primé d’un INNOV’Space 3 étoiles et a été élu « coup de cœur » du jury. Un prix qui distingue les innovations améliorant les conditions de travail des éleveurs ainsi que les performances technico-économiques. Son lancement commercial est prévu pour le Space qui se tiendra à la mi-septembre.

 

L’ACTION DE BRETAGNE DEVELOPPEMENT INNOVATION
« Une fois que nous avions identifié ce problème de filière, nous avons mis en lien un éleveur et le bureau d’études Cimtech. L’avantage de cette mise en relation est évident : le bureau d’études détient le savoir-faire technique. L’éleveur, lui, dispose d’une connaissance fine du terrain et peut mettre à disposition un bâtiment pour tester les prototypes. Cette complémentarité des acteurs a d’ailleurs engendré la création d’une SAS qui vise la commercialisation du robot. Dans ce projet de croisement de filière, nous les avons aidés à monter un dossier de faisabilité afin d’obtenir une subvention de 50k€ de la part de BPI France et de la Région Bretagne. Dans un second temps, nous avons poursuivi l’accompagnement de ce projet avec le montage d’un autre dossier d’aide au développement. La Région soutient à nouveau ce projet structurant pour la filière avec un apport d’une subvention de 95 432 € à Tibot et de 50 443€ au laboratoire Ethos. De son côté, BPI France continue son soutien au bureau d’études Cimtech à hauteur de 459 k€. »

Guillaume Briend, Responsable du pôle Industries et Services du Futur – Programme AGRETIC